Vaxinano, biotech mixte vétérinaire/humain, veut lever 5 M€ pour séparer ses deux activités et se donner des options de consolidation sur des champs de développement élargis dans sa future configuration.
Humain ou vétérinaire au croisement des zoonoses, Vaxinano a choisi ! Ce ne sera pas l’un ou l’autre, mais les deux axes de déploiement dans deux sociétés qui seront reliées, mais distinctes l’une de l’autre. Créée en 2016, la biotech lilloise espère réussir son opération en séduisant un fonds lead qui rejoindra des investisseurs régionaux et des Business Angels ayant déjà confirmé leur participation pour cette nouvelle levée autour de laquelle ont été sécurisés 2M€ d’aides en subventions et en avance (Deeptech/BpiFrance). Une opération de crowdfunding est par ailleurs en cours sur la plateforme Wiseed pour un montant de 300K€.

« Ce financement de 5M€ dont 3M€ en equity doit nous permettre d’exécuter un plan de développement très prometteur, » nous a confié Didier Betbeder, CEO de Vaxinano. « Nous allons créer une filiale humaine qui va se concentrer en priorité sur notre candidat vaccin dans la toxoplasmose. Nous conserverons Vaxinano pour l’orientation vétérinaire qui a généré depuis sa création en 2016 un chiffre d’affaires cumulé de 2 M€ et qui a un produit en cours, mais bien avancé dans la leishmaniose. » Pour cette dernière affection transmise à l’animal par la mouche des sables, l’immunothérapie mise au point par la biotech a déjà fait l’objet de deux études cliniques et montré une efficacité supérieure au traitement standard. « Nous réduisons le nombre d’administrations de 28 à 2 et nous n’avons pas de toxicité induite, » précise Didier Betbeder.
Une phase I/II début 2025
Mais au-delà, l’ambition passe donc principalement par la structuration de la filiale humaine qui, après son lancement, visera une levée de fonds d’environ 15 M€ pour passer à la vitesse clinique. « 400 000 avortements chaque année sont le fait d’une infection à la toxoplasmose, 350 millions d’êtres humains dans le monde sont atteints de toxoplasmose oculaire et aux États-Unis le coût annuel de cette maladie infectieuse est estimé à 2 Mds$ par an », énumère Didier Betbeder qui poursuit : « Dans certains pays et notamment en Amérique du Sud, la toxoplasmose oculaire est un véritable fléau et le standard de soin actuel est loin de répondre aux besoins des patients. » Le vaccin élaboré par Vaxinano dans le cadre vétérinaire et qui a fait ses preuves pourrait potentiellement faire le break. « Nous souhaitons initier une phase I/II début 2025 dans laquelle nous montrerons l’absence de toxicité de notre candidat, mais surtout une réponse cellulaire protectrice vis-à-vis de l’infection comme nous l’avons déjà démontré chez les primates », indique Didier Betbeder. Un chemin qui pourrait être accéléré par une forte demande des pays les plus touchés. Reste à emporter la conviction des investisseurs autour de la nouvelle organisation plus lisible dans un contexte qui reste difficile pour de nombreux acteurs.
Jacques-Bernard Taste
Tissium parée au décollage commercial, lève 50 M€
C’est la quinzaine des tours qui s’ouvrent sur la commercialisation pour Cathay Health et Sofinnova Partners. Après Moon Surgical en fin de semaine dernière (cf article ci-contre), les deux investisseurs se retrouvent dans celui de Tissium. La medtech, qui adresse un marché initial de 8 Mds$, déploie des polymères programmables biomorphiques pour la reconstruction des tissus et elle vient de boucler une série D de 50 M€. Cette nouvelle levée est portée par les historiques : le fonds stratégique des transitions, géré par ISALT, Mérieux Développement, le Crédit Mutuel Innovation, et donc Cathay et Sofinnova. Au total, les fonds collectés auprès des VC par Tissium (*) depuis sa création en 2013 se montent à 169,50 M€. En septembre 2021, lors de la série C, elle aussi de 50 M€, Antoine Papiernik pour Sofinnova Partners et Christophe Bancel, CEO de Tissium, annonçaient la couleur et l’accélération en cours. « Tissium change d’échelle et de complexité, elle doit recruter des personnes qui savent faire le late-stage règlementaire et la précommercialisation », nous avait confié l’investisseur. « Notre objectif est de déposer la demande d’autorisation auprès de la FDA en 2022 pour notre produit axé sur le nerf périphérique afin d’entamer la commercialisation en 2023. Nous espérons enchaîner avec les ventes des produits en cardiovasculaire en 2024 et pour les hernies ventrales en 2025 », avait de son côté précisé Christophe Bancel. Un calendrier globalement respecté. « Ce financement permettra à Tissium de poursuivre son plan de développement, de financer la commercialisation de ses premiers produits pour la réparation des nerfs périphériques et le traitement des hernies aux USA, ainsi que l’extension de son portefeuille de produits et de sa plateforme technologique », a confimé la société dans sa communication. Une levée de fonds qui coïncide aussi avec une étude clinique en Australie pour son premier produit dans le domaine de la réparation des nerfs périphériques, Coaptium Connect (**), ainsi que de multiples activités réglementaires en cours.
Bertrand Gardère
(*) Initialement baptisée Gecko Biomédical
(**) les premières implantations réussies ont été annoncées en mars dernier.





