Dans la course à l’acquisition de taille critique, Veristat veut faire le break rapidement. La CRO américaine classée deux fois parmi les 5000 entreprises privées à la croissance la plus rapide des États-Unis a réalisé quatre acquisitions en trois ans en Europe dont cette semaine, celle de la société française Scinopsis. Montserrat Barcélo Riera, vice-présidente Europe de Veristat revient sur les ambitions et les enjeux de son groupe.
BiotechFinances : Vous venez d’annoncer l’acquisition de la société française Scinopsis. Pourriez-vous détailler votre ambition en Europe et spécifiquement en France ?

vice-présidente Europe de Veristat
Montserrat Barcélo Riera : Veristat a été fondée par la scientifique Barbara Balser et son mari statisticien John, il y a 29 ans dans le Massachusetts. Notre principale force reste de fournir cette puissante combinaison de connaissances scientifiques et réglementaires dans différents domaines thérapeutiques (oncologie, maladies rares, coronavirus…) et la capacité de collecter les données patients, puis de les exploiter pour accompagner les biotechs dans leur entrée en phase clinique, puis tout au long du développement et de la commercialisation de leurs produits. Notre société, désormais dirigée par Patrick Flanagan, a pris pied en Europe en acquérant une entreprise à Manchester en 2020. C’est cette équipe qui a soutenu la toute première autorisation d’une thérapie génique. Lorsque j’ai rejoint Veristat, il y a deux ans, nous étions douze en Europe. Après quatre acquisitions, nous sommes près de 200 au Royaume-Uni, en Espagne, en Suisse, en Allemagne, aux Pays-Bas, au Portugal et, depuis peu, en France. Il était important pour nous d’être présents ici afin de pouvoir offrir un contact direct aux nombreux acteurs de votre marché, si dynamique grâce notamment au formidable crédit d’impôt recherche. Cette implantation française nous permettra également de recruter plus facilement des talents, le nerf de la guerre. Spécialisées dans la rédaction de documents de communication réglementaires et médicaux, les équipes de Scinopsis –basées à Fréjus, à Brighton (Grande-Bretagne), en Allemagne et au Portugal– complètent celles d’Amérique du Nord et d’Asie. Elles sont, de plus, très investies dans l’association européenne des rédacteurs médicaux. Cette acquisition est une véritable preuve de notre volonté de nous développer en Europe.
BF : Prévoyez-vous d’autres acquisitions ?
Montserrat Barcélo Riera : Veristat a été classée parmi les sociétés privées américaines à la croissance la plus rapide pour la deuxième fois en 2022. Nous continuerons à enrichir nos expertises et notre couverture géographique pour répondre au mieux aux attentes de nos clients qui évoluent. De plus en plus de biotechs souhaitent externaliser des fonctions telles que le contact avec les autorités réglementaires mais aussi le développement proprement dit de leurs produits et le passage à la phase trois. Notre actionnaire, Windrose Capital Health Investors, nous accompagne dans la recherche d’équipes talentueuses en Europe, notamment en Allemagne et en Asie, où nous souhaitons renforcer notre position.
BF : En 2021, Veristat a été impliqué dans une demande sur dix approuvées par la FDA. En 2022, vous avez soutenu huit approbations, la majorité concernant des traitements pour des maladies rares.
Montserrat Barcélo Riera : Je pense que l’une des raisons de notre succès, outre nos connaissances scientifiques et statistiques, est la proximité avec nos clients qui sont souvent sous pression. Nous sommes fiers d’avoir collaboré avec l’espagnol HIPRA pour l’approbation de son vaccin, le seul Européen, contre le Covid. Tout cela en très peu de temps et en mobilisant aussi nos équipes en Asie et aux États-Unis. Nous avons de grandes ambitions en Europe.
BF : Comment jugez-vous le marché européen ?
Montserrat Barcélo Riera : Nous devons probablement développer davantage de programmes de recherche transnationaux et également en partenariat entre le public et le privé comme cela se fait aux États-Unis. Je vois beaucoup d’évolutions positives, que ce soit pour la réglementation, qui se développe notamment dans le domaine des maladies orphelines, ou pour les investisseurs, dont le nombre et la capacité augmentent au bénéfice des biotechs européennes.
Propos recueillis par Annelot Huijgen






