Lors de la présentation des résultats du T4 22 de Biogen, Christophe Viehbacher, le nouveau CEO a de nouveau communiqué sur le nécessaire rééquilibrage du ratio risque/rendement au sein du pipeline de la société. Des propos qui rappellent ceux tenus, en janvier dernier, lors de la conférence santé de JP Morgan. Il faut dit-il « redéfinir la mission de Biogen » à très court terme en s’appuyant sur des lancements imminents (1), conforter les collaborations de recherche en cours qui ouvrent sur de nouvelles pathologies, notamment la sclérose latérale amyotrophique et la maladie de Parkinson. Et enfin, il convient, si nécessaire, de mettre les opérations de fusions acquisitions entre parenthèses pour adresser des problèmes de croissance organique du portefeuille.
Voilà donc l’ex-grand patron de Sanofi transformé mais par quelle alchimie ? Est-ce dû à son passage dans le private equity chez Gurnet Point Capital ? Serait-ce les circonstances et les réalités de Biogen qui a connu une véritable hémorragie de départs du CEO, au CSO, en passant par le CBO en raison du désastreux enregistrement de l’Aduhelm ? Un ratage qui a durablement fragilisé le compte de résultats de la société (Ndr : on ne perd pas sans conséquence un potentiel blockbuster même lorsqu’on s’appelle Biogen). Est-il l’homme de la situation ? Aura-t-il la capacité de relancer cette biotech historique qui semble être arrivée à la fin d’un cycle ?
Les regards sont plus que jamais fixés sur l’entreprise bostonienne mais surtout sur son emblématique CEO. Pour l’homme qui a fait entrer Genzyme dans le giron de Sanofi, les dilemmes et les tentations ne manquent pas. L’expérience acquise durant les 35 dernières années mise au service de la nouvelle aventure Biogen peut, certes, le conduire à rebâtir la machine à innovation que fut la société depuis sa création sur les rives du lac Léman en 1978. Mais selon ses propres termes « les perspectives de croissance de la société sont faibles, voire inexistantes », d’où cette vision stratégique à double détente : renforcer l’appartenance à court terme en travaillant les actifs existants et aller chercher à moyen terme de la croissance à l’extérieur.
Bienvenue, Monsieur Viehbacher, de l’autre côté du miroir, dans le monde merveilleux des entreprises de biotech.
(1) (cf. lecanemab en partenariat avec Eisai dans la maladie d’Alzheimer et zuranolone de Sage Therapeutics et Biogen pour le traitement de courte durée des états dépressifs).






