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jeudi 23 avril 2026

1154-17-04-2026

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LES START-UPS STUDIOS, NOUVELLES FABRIQUES À BIOTECHS/MEDTECHS

▶️ 6 min

Concept multi-sectoriel en plein essor en Europe depuis 2007, les start-up studios commencent à se positionner en France sur le marché des biotechs et medtechs. Même si leur portefeuille reste à ce jour limité, le modèle séduit les VC.

Proposer un lieu de créativité en sciences de la vie et en ingénierie biomédicale qui permette de tester le plus rapidement possible de nouvelles idées. Telle est l’ambition du LivingLab E4H, le nouveau projet porté par le centre interdisciplinaire Engineering for Health d’IP Paris et destiné aux entreprises et startups en bio-ingénierie, ainsi qu’aux chercheurs et étudiants de l’Institut Polytechnique de Paris. Ayant déjà fait de nombreux émules (Paris Biotech Santé, Eurasanté, Agoranov, Unitech, Quest for health…), le modèle des incubateurs devrait continuer de prospérer, comme le laisse à penser le projet sur lequel travaillerait actuellement l’Institut de Médecine et de Physiologie Spatiales (Medes) en étroite collaboration avec France Biotech. Mais dans cette logique de stimuler l’innovation dans le domaine de la santé, un autre type de structures commence également à avoir le vent en poupe : les start-ups studios. Au cours des récentes années, plusieurs labellisées comme tels ont en effet émergé dans l’industrie des biotechs ou medtechs en France, à l’instar de Home Biosciences, Argobio Studio, BiotechStudio, Factory319 ou encore eureKare.

Des modèles différents

Apparu en Allemagne dès 2007 avec la création de Rocket Internet, et largement développé outre-Atlantique, ce concept désigne une structure dont la mission consiste à créer des start-ups à la chaîne, soit dans un secteur précis, soit dans une multitude de secteurs (studios généralistes). On parle aussi parfois de start-ups factories ou de venture studios. Bien que l’on retrouve des similitudes avec les incubateurs et les accélérateurs, les start-ups studios s’en distinguent dans le sens où, théoriquement, ils sont censés gérer chaque projet de A à Z, de la conception de l’idée originelle jusqu’à son lancement opérationnel, en passant par le recrutement des équipes amenées à le développer. Dans les faits, cependant, ces nouvelles fabriques à biotechs/medtechs revêtent des modèles très différents les uns des autres. Fondé en 2018 par Carole Neves, qui a notamment officié chez Sanofi, Ksilink et Lysogene, BiotechStudio s’apparente ainsi un cabinet de conseil. « Tant sur le volet création de start-ups que développement de structures existantes, j’accompagne des chercheurs et de jeunes entrepreneurs afin de les aider à surmonter les nombreux freins auxquels ils pourront être confrontés dans leur démarche (financement, manque d’expertise industrielle…), en veillant à ce qu’ils se positionnent sur des actifs dont le potentiel de marché est avéré », explique-t-elle.

David Schilansky et Magali Richard fondateurs de Home Biosciences

Créé fin 2019 par David Schilansky et Magali Richard, respectivement ex-directeur financier et ancienne directrice de la stratégie de DBV Technologies, Home Biosciences, qui se revendique premier venture building d’Europe, a, de son côté, opté pour un positionnement proche de l’incubateur. « Le plus souvent, nous identifions des projets prometteurs, de rupture, que nous incubons, informe David Schilansky. Et si leur développement se révèle positif, nous créons alors une structure. » Le studio est spécialisé dans les biotechnologies, « avec un prisme sur les maladies rénales, la fibrose et les maladies musculaires et osseuses, même si nous n’excluons pas d’explorer d’autres champs », complète Magali Richard. Porté sur les fonts baptismaux par Kurma Partners en 2021, Argobio Studio (oncologie, maladies rares, neurosciences…) a adopté la même approche, de même qu’eureKare (biologie de synthèse). Quant à Factory319 (medtech), ses fondateurs ont fait le choix inverse. « A l’origine, nous nous étions interrogés sur le modèle d’accompagnement et avons considéré qu’en incubant des projets existants, non seulement notre impact sur ces derniers était moindre, mais aussi la prise de risque était plus importante car nous ne maîtrisions pas la trajectoire des porteurs, témoigne Hédi Michau. C’est pourquoi, influencés par l’histoire du premier start-up studio eFounders, nous restons à la manœuvre depuis la conception du projet jusqu’aux premiers financements en passant par le lancement de la société. »

Des projets au bord de la série A

Si certains de ces serial entrepreneurs reconnaissent un taux d’abandon ou d’échec significatif dans les projets examinés, tous louent néanmoins le modèle des studios. « Fort de mon expérience chez Kurma Partners, j’ai acquis la conviction que pour accélérer l’incubation de projets et le « company build-up » dans le domaine de la santé, il fallait s’appuyer sur une entité dédiée, disposant de moyens financiers conséquents et d’une équipe aguerrie, insiste Thierry Laugel, associé du fonds de capital-risque et chairman d’Argobio Studio. Grâce à sa levée de 50 millions d’euros bouclée auprès d’investisseurs de premier plan (Bpifrance, Angelini Pharma, Evotec et l’Institut Pasteur en plus de Kurma), le studio a les ressources pour investir dans des projets prometteurs d’une part, et pour attirer des talents d’autre part. » Associé d’Argobio, Rémi Soula abonde. « Nous comptons une quinzaine de PhD, à la forte culture scientifique et de développement de produits pour accompagner et guider ces projets de recherche early stage. »

Compte tenu de la jeunesse des start-ups studios français, leur portefeuille reste à ce jour limité (voir encadré). Mais à en croire les intéressés, la donne devrait rapidement changer. « Le nôtre compte aujourd’hui une douzaine de projets, qui sont à des stades de développement variés, poursuit Rémi Soula. Pour deux d’entre eux, dont l’un cible la maladie de Parkinson et l’autre est une plateforme innovante de dégradation sélective de protéines membranaires, nous envisageons une série A d’ici la fin de l’année. » Du reste, l’état actuel des pipelines n’empêche pas un nombre croissant d’investisseurs de s’intéresser au modèle des fabriques à start-ups. « La demande des VC pour des projets bien maturés est très forte, tant aux Etats-Unis qu’en Europe », confirme Thierry Laugel. Outre une participation éventuelle aux futurs tours de table des start-ups issues des studios, plusieurs VC manifestent également un intérêt pour entrer directement au capital de ces derniers.

Les studios lèvent des fonds

Carole Neves,
fondatrice de BiotechStudio

Une situation que leurs fondateurs comptent bien exploiter afin de passer à la vitesse supérieure. « A court-moyen terme, notre objectif est de développer une dizaine de projets par an, contre un à deux aujourd’hui, indique Hédi Michau. Y parvenir implique de nous doter des équipes adéquates, ce qui suppose de lever des fonds. » Dans ce cadre, Factory319 envisage l’arrivée d’un fonds d’investissement d’ici le début d’année prochaine. Désireux de déployer son pipeline, Home Biosciences entend lui aussi changer d’échelle. Après avoir levé 13 millions d’euros en amorçage en 2021 auprès de l’Américain Redmile Group et de Sofinnova Partners, ses dirigeants espèrent réaliser une série A de près de 40 millions d’euros dans les mois qui viennent. Quant à Argobio, il continue de voir grand. « Nous réfléchissons au lancement d’un Argobio 2, qui serait encore plus important et plus ambitieux », prévient Thierry Laugel. Dans le même temps, de nouveaux entrepreneurs pourraient aussi enrichir cet écosystème. « Dans le cadre de mon activité, j’accompagne aussi la création de start-ups studios, dont l’un est en cours de construction », confie par exemple Carole Neves. Qu’il s’agisse d’incubateurs ou de venture studios, une chose est sûre : la fièvre innovatrice dans l’univers des biotechs et des medtechs n’est pas près de retomber.

            Arnaud Lefebvre


One Biosciences et Katomi, les premiers de cordÉe

Même si la plupart de leurs projets en sont encore au stade de la gestation, certains start-ups studios ont commencé à transformer leurs essais. Un an après sa création, HomeBiosciences a ainsi lancé durant l’été 2020 sa première start-up, One Biosciences. Co-fondée avec l’Institut Curie et le docteur Céline Vallot, celle-ci est spécialisée dans l’utilisation des technologies en cellule unique pour la médecine de précision. Afin d’accélérer son développement, elle a levé en septembre dernier 7 millions d’euros.

Hédi Michau, CEO de Factory319

De son côté, le start-up studio marseillais Factory319 et son CEO, Hédi Michau, ont donné naissance à Katomi. Permettant de stocker les données médicales de façon sécurisée en Tunisie, cette solution de cloud s’apparente à divers égards à l’application Mon Espace Santé.


Des prises de participation, mais pas seulement

Yves Ribeill – Associé et Entrepreneur en Résidence, Rémi Soula – Associé et Entrepreneur en Résidence, Thierry Laugel – Associé chez Kurma et Chairman d’Argobio, Poul Sørensen – Associé et Entrepreneur en Résidence, Neill Moray Mackenzie– Associé et Entrepreneur en Résidence

En contrepartie de leur accompagnement, les start-ups studios ont généralement pour habitude de prendre une participation au capital des structures qu’ils contribuent à faire émerger. « Nous injectons jusqu’à 2,5 millions d’euros dans chaque projet, et sommes actionnaire de référence de la newco créée », signale par exemple Rémi Soula, chez Argobio. Chez Home Biosciences, « le scientifique à l’initiative du projet détient systématiquement la majorité du capital avant la première levée de fonds », précise Magali Richard. En dépit de leurs lignes directrices, les studios savent aussi s’adapter. « Au cas par cas, nous pouvons être rémunérés sous la forme de service contre equity, ou par paiement classique, sans prise de participation », relève Hédi Michau, chez Factory319.

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