Les signaux sont au vert pour Cherry Biotech. Lauréate du European Innovation Council Transition, l’entreprise ambitionne de lever 5 M€ en série A en 2023 pour déployer son Cubix, présenté comme une alternative à l’expérimentation animale grâce à des organoïdes et modèles biologiques humains en 3D.
Alexis Peyroles, directeur des opérations de Cherry Biotech, est confiant. Malgré le contexte morose qui touche les biotechs, l’entreprise basée à Montreuil ambitionne pour 2023 une levée de fonds en série A de 5 M€. « Le contexte est plus compliqué, il y a davantage de réserves de la part des fonds de venture capital. Mais à l’inverse des biotech classiques, nous dégageons du cash et du cash flow ; nous sommes dans un environnement plus porteur », pointe-t-il. D’autant que Cherry Biotech – créée en 2014 par Jérémy Cramer – a déjà touché 2,5 M€ de subventions en étant lauréate du European Innovation Council Transition. « C’est une reconnaissance qui va nous aider à lever des fonds en France et en Europe auprès de VC, ajoute Alexis Peyroles. Nous irons aussi solliciter des fonds corporate de sociétés qui pourraient être intéressées par un accès privilégié à notre technologie : des CRO, des sociétés qui font de l’équipement, voire des pharmas. »
L’industrialisation de Cubix
Grâce à cette levée de fonds, Cherry Biotech ambitionne d’abord de lancer l’industrialisation et la commercialisation à l’international de Cubix. Cette solution de plateforme intégrée pour gérer en continu sur plusieurs semaines la culture de modèles biologiques en 3D (organoïdes, sphéroïdes, biopsies) pourrait s’imposer comme une alternative à l’expérimentation animale en améliorant les modèles humains biologiques en pré-clinique : « Les modèles animaux manquent de pertinence en termes de faculté à prouver l’efficacité du médicament et à prévoir sa toxicité. » Cette ambition, l’entreprise l’inscrit dans une tendance de fonds, faisant le pari que les expérimentations animales seront interdites d’ici 2030, comme c’est déjà le cas en cosmétologie en Europe. Cubix est déjà en bêta test chez des clients et partenaires : big pharma, biotech, hôpitaux.
Des points de différenciation sur le marché
La levée de fonds devrait également permettre de développer des protocoles biologiques (des modèles sur le mélanome et le cancer du sein sont déjà existants) afin de déclencher l’intérêt de futurs clients et de développer l’IA sur l’analyse des données. Cherry biotech propose aussi ses services CRO, développant des protocoles sur des molécules fournies et délivrant les résultats.
« Avec 190 millions d’animaux dans le monde utilisés chaque année pour des expérimentations pré-cliniques, le marché sur lequel nous nous positionnons représenterait plusieurs dizaines de milliards de dollars par an. Nos principaux concurrents sont les sociétés Emulate (US) et Mimetas (Pays-Bas) mais les CRO et grands fabricants ne s’en sont pas encore emparés », dit Alexis Peyroles. Cherry Biotech se différencie sur le marché par plusieurs points : l’adaptation du dispositif aux standards de l’industrie pharma (nul besoin d’un dispositif propriétaire pour l’utiliser), leur capacité à recréer des organoïdes immunocompétents et l’absence de polymère PDMS dans leur solution « très pratique pour fabriquer des puces d’organs-on-chips mais le polymère PDMS absorbe en partie les petites molécules, ce qui biaise les résultats obtenus en toxicologie ». Alexis Peyroles constate : « Ce qui intéresse surtout les pharmas et biotechs qui nous contactent, c’est que l’on soit capable de recréer des organoïdes immuno-compétents et que l’on puisse répondre à des questions auxquels les modèles animaux ne peuvent apporter des résultats précis. »
Marie Albessard
Chiffres clés
15 salariés.
0,3 à 0,4 M€ de CA envisagé en 2022.
1,5 M€ de budget R&D.

