(BIOTECHFINANCES N°962 Lundi 25 octobre 2021) La bourse est grippée mais l’argent disponible est bel et bien là et les projets à fort potentiel scientifique et managérial sont quasiment assurés d’un soutien accru des investisseurs à poches profondes y compris Bpifrance plus que jamais mobilisée. Egle Therapeutics vient d’en faire la démonstration en rentrant dans le carré d’as (1) des plus belles levées de série A françaises avec un tour de 40 M€ qui pourrait connaître un closing final à 50 M€ dans les mois à venir. Le fonds Néerlandais LSP et Bpifrance (Innobio 2) ont mené cette nouvelle ronde suivis de Fund+, Bioqube Ventures et Takeda Ventures. Le véhicule corporate de la pharma japonaise confirme son intérêt. Il était déjà engagé dans l’amorçage initial de la société en juin 2020 (2) – une première sur le sol français à l’époque pour cet investisseur – avec une partie en dette convertible de 4,6 M€ et une autre en financement non dilutif de collaboration de recherche sous option.
Cette mise de 40 M€, représente deux fois l’objectif annoncé et elle a été finalisée en un temps record. Egle Therapeutics lancée initialement sans le back-up d’un VC institutionnel mais au travers d’une alliance unique avec une big pharma et son bras venture – un schéma inspiré des modèles américains encore trop peu répandu en France – escomptait en effet trouver 20 M€ et s’était fixée deux ans pour y parvenir. « Notre approche de vectorisation intra tumorale couplée avec un mécanisme d’action sélectif comme celui de nos Tregs starvers font de nous une société unique en son genre, » souligne Luc Boblet, Pdg et co-fondateur d’Egle aux côtés d’Eliane Piaggio, immunologiste de renom dans le domaine Treg / IL-2 et chef de l’équipe TransImm à l’Institut Curie, co-fondatrice scientifique. « C’est ce concept unique au monde d’affamer les Tregs et notre capacité à monter une stratégie de portefeuille au travers de l’exploitation de notre plateforme translationnelle de découverte de nouvelles cibles qui a séduit nos investisseurs. »
Deux variantes d’IL-2 en route vers la clinique
Pour l’heure, Egle Therapeutics se déploie avec 2 candidats identifiés en immuno-oncologie et pour le traitement des maladies auto-immunes, ainsi qu’un panel de programmes de discovery dirigés contre de nouvelles cibles dont la confidentialité a été jalousement préservée. « L’objectif de notre levée est de faire parvenir jusqu’ à la clinique un produit dans chacun de nos deux domaines de prédilection – l’oncologie et les maladies auto-immunes – et de nourrir un pipeline de programmes en préclinique en immuno-oncologie, » précise Luc Boblet qui ajoute : « Notre véritable prochain point d’inflexion se situe à un horizon d’environ 30 mois. Nous espérons soumettre les IND pour deux de nos programmes les plus avancés. »
En attendant, Egle Therapeutics compte continuer à se structurer et devrait recruter également dans les 24 mois à venir une dizaine de salariés qui portera à une vingtaine de salariés son effectif total et permettra d’accélérer vers les prochaines étapes. Une « trajectoire à l’américaine » qui, plus largement, pour le dirigeant traduit comme pour d’autres biotech françaises une vraie maturité avec des acteurs qui « dépassent le fondamental pour s’inscrire complètement dans une science translationnelle de premier plan ». Et à propos d’Amérique, Egle Therapeutics a déjà les yeux fixés sur le NASDAQ. « Le tour a été effectivement structuré pour laisser libre la possibilité d’une extension et attirer un investisseur américain ce qui permettra de préparer un futur listing, » confirme et conclut Luc Boblet.
(1) Avec Amolyt (68 M€), Nemo (75 M€) et Dynacure (50 M€)
(2) Lire : Egle et Takeda visent l’ ipon sur les Treg dans BIOTECHFINANCES n°903 -15/06/2020.






